– LES PYRAMIDES DE COCHASQUI-
Vestiges mystiques des civilisations précolombiennes
– JUILLET 2018 –
Le Qhapaq Ñan (route royale en langue quichua) a été édifié par les Incas pour favoriser l’expansion de l’empire. Outre son rôle commercial, politique, le Qhapaq Ñan avait une importance culturelle et spirituelle. En effet, le chemin des Inca reliait également des sites archéologiques cérémoniels, l’itinéraire intégrant les sites construits par les civilisations précédentes.
Il faut ouvrir l’œil pour discerner les 15 pyramides recouvertes par la végétation et donc presque invisibles dans le paysage. Le complexe qui s’étend sur 83 hectares compte également 21 monticules.
Les Quitu-cara : peuple lÉgendaire de Pinchincha
L’identité des premiers peuples à habiter la région de Cochasqui est incertaine. La période pré-inca a été documentée par l’historien Jésuite Juan de Velasco dans l’Historia del Reino de Quito en 1789. Ses chroniques sont néanmoins vivement remises en question et relèvent plus d’un mythe fondateur que d’une réalité historique. Alors que Velasco affirme qu’il existe une unification culturelle autour d’un Etat dans cette région, plusieurs études indiquent au contraire une diversité de cultures et de peuples.
L’architecture des pyramides :
Pyramide de Cochasqui : le sommet de la pyramide s’est effondrée avec le temps et les intempéries
Plus précisément, des coupes longitudinales et transversales ont été réalisées dans plusieurs des pyramides. Elles ont mis en lumière une architecture sur 5 couches. Des piliers réalisés à partir de cangahua forment la base de la structure qui est ensuite remplie de sable. Des blocs de cangahua rectangulaires sont posés ensuite par-dessus et sur les extrémités servant de revêtement.
L’excavation laisse voir les blocs de cangahua constitutifs de la pyramide
La pyramide 13 et les calendriers luno-solaires :
Chaque plateforme laisse apparaître deux canaux creusés. Dans chaque cavité, des perforations servaient vraisemblablement à accueillir des cylindres de pierre. Au centre de chaque plateforme était placé un poteau en bois. Les études supposent que ces deux plateformes étaient en réalité des calendriers astronomiques utilisés pour prédire solstices et équinoxes ainsi que les moments les plus propices au semi des cultures.
Selon Adolfo Holguín, la cavité CV1 de la plateforme PT1 servait à enregistrer les lunaisons. Les différentes phases de la Lune ayant un impact sur la croissance des végétaux, il était alors possible de choisir une date adaptée pour semer les plantations. Ainsi, chaque jour de lune croissante, un cône est ajouté de telle sorte que le canal est totalement rempli lorsque le cycle est terminé.
Schéma explicatif issu de l’article ““El Sistema Calendárico y Ritual de las Pirámides de Cochasquí” d’Adolfo Holguín.
Sur la plateforme PT2, la date des équinoxes et des solstices pouvait être déterminée à partir de l’ombre projetée par le poteau central entre les triangles. En effet, à l’équinoxe lorsque l’on se trouve à l’Equateur, un bâton la verticale ne produira pas d’ombre à midi. Au solstice de décembre et de juin, les ombres des pierres se rejoignent au coucher de soleil.
Ainsi, la pyramide 13 permettait d’établir un calendrier fiable. Outre l’importance agronomique des solstices (celui de juin représentant la période des récoltes), ces dates étaient largement célébrées dans la culture andine.
Les tolas :
– Les tolas funéraires :
Les tumulus sont échafaudés avec une technique bien précise. A l’intérieur, un puits de 2 à 3 m de profondeur est creusé pour y placer le cadavre en forme fœtale accompagné d’objets funéraires. Pour éviter l’humidité, le monticule est scellé avec du « chocoto » et de la lave volcanique. Après l’enterrement, des blocs de cangahua sont entreposés sur la sépulture.
– Les tolas d’offrandes sacrificielles :
Quelle était la finalité de cochasqui ?
– Cochasqui, un site résidentiel :
De grandes plaques d’argile cuite ont été retrouvées au sommet de certaines pyramides. A partir de cette découverte, les chercheurs ont formulé l’hypothèse que les plateformes des pyramides servaient en fait de base à la construction d’habitations.
llustration des habitations de Cochasquí. Source : Procultur. Le modèle de l’habitation au sommet de la pyramide E est visible à droite.
La découverte par l’archéologue Wruster de trous creusés à même la plaque sur la pyramide E ont appuyé cette thèse. Ce dernier atteste que les trous auraient servi à accueillir les poteaux supportant des huttes circulaires. D’autre part, des traces de canaux et des restes de céramiques ont été interprétés comme des vestiges de foyers.
Selon cette hypothèse, Cochasqui aurait été le lieu résidentiel d’une élite, vraisemblablement de prêtres, chefs militaires chargés d’effectuer des observations astronomiques et météorologiques.
– Cochasqui, un site militaire:
– Cochasqui, un site cérémoniel :
Les fouilles de Max Uhle sur le sommet de la pyramide E ont mis en évidence une plaque d’argile cuite contenant un canal long d’une dizaine de mètres. Il considère que ce canal était utilisé pour permettre l’écoulement du sang lors des sacrifices humains réalisés lors des célébrations.
On estime que la pyramide 5 était utilisée pour célébrer la cérémonie du Mushuk Nina (nouveau feu). Ce culte, encore célébré à l’équinoxe du 21 mars par les populations actuelles, symbolise le début de l’année indigène. Il est donné en l’honneur de la déesse Pachamama pour la remercier des premiers grains tendres. Les rampes d’accès à la pyramide servaient de chemins de processions jusqu’au sommet de la pyramide où un feu était allumé. Les indigènes préparaient pour l’occasion l’« Uchucuta », un plat à base de grains et de citrouille.
La connaissance des quaranqui :
La tribu savait également tirer profit des ressources naturelles : les filaments et les pointes épineuses des Agaves Americana étaient utilisées pour coudre.
La partie épineuse et les filaments servaient à la couture des Quaranqui.
Reconstitution de ce qui aurait pu être un jardin aborigène présentant les différentes herbes aromatiques de la région.
Sur le site de Cochasqui, 120 alpacas vivent en totale liberté. La légende raconte que les lamas viennent mettre bas au pied de la pyramide attribuée à la fertilité. Les femmes Quaranqui venaient également y prier dans l’espoir de tomber enceintes.
Sources :
– « A (re)découvrir : Le site archéologique de Cochasqui ». s. d. Easyvoyage.com. Consulté le 10 novembre 2020. https://www.easyvoyage.com/equateur-et-galapagos/le-site-archeologique-de-cochasqui-959.
– “The privileged astronomical position of Ecuador known from the time of the Aboriginal culture Quitu-Cara, and how this can stimulate the young people to study astronomy”, Geovanna Vasquez, escuela politechnica nacional, Austria Symposium : “ Access to Space: Holistic Capacity- Building for the 21 st Century Graz –Austria , 6 septembre 201
– « La cangahua en Equateur, le contexte Paléogéographique de sa formation », Alain Winckell etTlaude Zebrowski ORSTOM, Mexique.
– Servenay, Alice. s. d. « Spatialisation de la cangahua en Equateur à partir de données SPOT: cas du bassin de Quito »
– La floraison et les dynamiques agraires de la région agropolitaine de Quito, thèse de Pierre Gasselin, AgroParisTech, 2000
– UNESCO Centre du patrimoine. s. d. « Qhapaq Ñan, réseau de routes andin ». Consulté le 10 novembre 2020. https://whc.unesco.org/fr/list/1459/.
– Cécile, « Pyramides de Cochasqui et retour à Quito ». voyageuz.overblog.com. Consulté le 10 novembre 2020. http://voyageuz.overblog.com/pyramides-de-cochasqui-et-retour-%C3%A0-quito
– « El misterio de Cochasquí | La Revista | EL UNIVERSO ». s. d. Consulté le 10 novembre 2020. http://www.larevista.ec/viajes/viajemos/el-misterio-de-cochasqui.
– Universitad de las americas, Realización de Video Documental del Parque Arqueológico Cochasquí para su Puesta en Valor Social como patrimonio cultural del Ecuador, David Antonio Jarrín Fuentes Marco Antonio Sánchez Tirado, 2011
– « Le Qhapaq Ñan, ou la Grande Route Inca ». s. d. GEO. Consulté le 11 novembre 2020. /equateur-la-grande-route-inca-40483.
– « UNIVERSIDAD CENTRAL DEL ECUADOR FACULTAD DE FILOSOFÍA, LETRAS Y CIENCIAS DE LA EDUCACIÓN CARRERA DE CIENCIAS SOCIALES – PDF Descargar libre ». s. d. Consulté le 11 novembre 2020. https://docplayer.es/88938203-Universidad-central-del-ecuador-facultad-de-filosofia-letras-y-ciencias-de-la-educacion-carrera-de-ciencias-sociales.html.
– « Cochasqui – Historia del Ecuador ». 2016. Enciclopedia Del Ecuador. 26 février 2016. http://www.enciclopediadelecuador.com/historia-del-ecuador/cochasqui/.
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